Un Week-end à Molitor


Je l'avais dans la tête et dans un petit carnet à dessin. Je l'avais en images et je le voulais en été. Je l'avais imaginé différent, peut être un peu plus souple, un peu moins ordonné, mais certainement pas moins beau. Dans notre chambre nous regardions les gens nager très tôt le matin. Le soleil éclairait doucement le dessus de l'eau qui, elle, réchauffait les nageurs. L'architecture de ce lieu, pensée dans les moindres détails, est un bonheur pour les yeux. Car venir se balader à Molitor c'est venir respirer la mémoire des murs, le son des piscines sous les brasses des nageuses et penser à ces grands noms venus s'inspirer dans les années 60.
 

Plein été




Cette image de Lucie, est une image non voulue. Souvent les plus élégantes, les plus poignantes, les plus justes, finalement. Celles que l'on ne commandent pas, que l'on ne maitrisent pas. Celles qui arrivent et se dessinent sans prévenir. D'ailleurs Lucie me demande souvent "dis, pourquoi tu prends des photos même quand ça sert à rien?" (c'est à dire les moments où elle se recoiffe, où elle va chercher un objet, où elle se frotte les yeux, comme ici) et souvent je lui explique que ce sont ces moments là, ceux qui ne servent à rien, qui détiennent les plus jolies photographies. Je lui explique l'idée d'une photo, sa force, son émotion... 

La tendresse, le coton et le reste



C'était une très jolie maison proche de Nantes, une ancienne école, de grandes pièces ou l'on entendait encore les craies sur les tableaux et les enfants sous le préau. C'était un moment très doux et très affirmé. De la maille, du coton, de la laine, du bois, des peaux réchauffées et réchauffantes. Ces images, réalisées en duo avec Aurélie sont le fruit d'un travail autour de mots clefs, de références, d'exigence aussi. Aborder l'univers du bébé, être en éveil, accepter la maladresse comme quelque chose de joli, d'assez juste finalement.


Du bleu, des céréales



Et puis Juin. Les jupes des filles au cinéma, la couleur du blé sur les bords de route, celle des vacances sur les bords des agendas. Et puis Roland Garros et bientôt le Tour de France celui qui sent l'été, celui que l'on aime malgré tout, celui qui rend confortable et saisissable l'idée des quais de gare. Les derniers jours de classe, les dernières poésies. Les spectacles de fin d'année, les kermesses, les parents d'élèves et le savon, toujours toujours, le savon. Les manches retroussées, les éclats de rire, les vêtements trempés, la bouche pleine de sucre. Les jardins de juin, ceux qui n'ont pas la notion du temps, les nappes froissées, le vent sur toutes les nuques, sur tous les lendemains.


 

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