Du coeur, dans les épinards


Il faut traverser. Ce temps là, ces douleurs là, ces étapes là, ce boulevard là, ces erreurs là, ces souvenirs là, cet espoir là, ces promesses là. Tout ça. Il faut y aller, s'accrocher, se retenir de partir, de fuir, de fermer les yeux. Mais partir, quand même. Mais fuir, quand même. Les yeux grands ouverts. Alors, Saint-Malo, la mer, l'iode et la lumière. Alors, toutes ces nouvelles obsessions : les hortensias bleus, les gares, les ballons, les passants,  le vert, la laine, les boites aux lettres, l'odeur du figuier, du pamplemousse rose, de l'iris et celle de son retour dans ma vie. S'accrocher à tout ça, en se répétant ce doux mensonge "ça va aller".

Octobre Rose



Le mois d'Octobre est toujours rose. Toujours entre chiens et loups. Et bien souvent hésitant. 

Il a quelque chose d'incroyablement doux, on s'y cogne autant que l'on s'y love. L'été est encore là, dans la lumière si particulière des premiers jours d'automne. Enfin, les chocolats chauds, les beaux manteaux et les écharpes interminables. Enfin, les soirées qui fument et les matins qui frissonnent. La demie-saison n'a rien à envier à la pleine saison. Elle a le bon dosage, la bonne façon de nous aborder, sans nous brusquer. Elle est idéale pour le voyage et pour les prises de décision. Idéale pour s'aimer ou pour se regretter. Idéale enfin, car elle a cette capacité extraordinaire de nous donner la possibilité du choix : on peut porter une robe avec un gros pull.


Bretagne (2)


Et toujours, ces petites mains qui s'agitent au dessus de l'eau avec pour seul engagement la liberté des mois d'été. Et toujours l'effet de vertige bercé par des vents contraires, à la fois terre et mer. Et toujours, ces couleurs, jamais radicales, toujours nuancées, contrastées, vacillantes et surprenantes. Et enfin, la mer. Comme la chanson de Charles Trenet, comme le sel qui colle à la peau, comme les pantalons retroussés, comme le sang qui circule, comme les voiles et les cordages, comme les maisons à volets bleus. Voilà. Comme tout ça. Et tant d'autres choses encore...

Bretagne




On ne résume pas la Bretagne sur un présent d'adulte, mais bel et bien sur un passif d'enfant. Parce qu'avoir connu ces plages là, cet air là, ce rythme là depuis l'enfance, c'est ne plus pouvoir se détacher pleinement d'une certaine authenticité. Alors y revenir, chaque année, ne serait-ce qu'un week-end, comme un besoin viscéral de brume, d'iode et de port de pêche en plein visage. Y revenir pour le club de plage, la finesse du sable, le nom des rues, celui des crêperies, les pulls du soir et les peaux si dorées. Y revenir par passion, par nostalgie aussi : celle qui se faufile sur les marchés, dans les yeux des pères allant pêcher tôt le matin avec leurs fils devenus pères, eux aussi, dans les gestes des enfants, leurs attitudes si précises et intactes, comme une photographie, qui nous rappellent que rien ne change vraiment.


 

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