Pour être grand.




J'étais bien, un peu bancale, au dessus du brouillon de ma vie. J'étais bien accrochée aux accoudoirs, enfoncée dans mes certitudes. Je ne demandais rien, je croyais pourtant que la discrétion ça payait. Je n'ai jamais espéré plus de lumière, je la construisais toute seule ma lumière (avec des jeux de réflexions, ça fonctionne, je vous jure). Mais essayer de faire des croches-pattes au quotidien, viser le bon moment, anticiper la justesse des instants, parce que c'est étouffant toute cette "normalité". Personne n'a le mode d'emploi pour "être grand", et pourtant, le devenir, ça fait un mal de chien. J'étais bien, les mains dans la peinture et le coeur dans les couvertures. Parler d'enfance, j'ai su le faire, conserver la mienne, plus encore. Mais parfois tout semble raide, bruyant, cassant, net, bien trop net, poli, bien trop poli. J'étais bien quand tout ça, je ne le voyais pas, je ne le ressentais pas. Quand la lumière était moins exigeante et plus souple. Alors, encore une fois, les images m'aident à respirer, à reconstruire cette lumière que j'aimais tant. A les regarder autrement, à les écrire aussi, un peu, en image et à prendre l'Air.
 










2 commentaires:

  1. oui, grandir c'est douloureux... J'en suis pas encore remise et pourtant cela fait si longtemps que j'ai (normalement) quitté le monde de l'enfance... Rien ne vous empêche de rester enfantine et gare à ceux qui essayeront de vous ''recadrer'' . Courage !

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  2. C'est toujours aussi beau ce que tu écris ... (N.)

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